142e Folie : Wonder Woman : L'Odyssée, tome 1

Wonder Woman : L'Odyssée, tome 1
de
J. M. Straczynski, Phil Hester, Geoff Johns, Don Kramer, Eduardo Pansica et Scott Kolins

Depuis la chute de l'île du Paradis et la mort de leur reine Hippolyte, les fières Amazones forment une véritable diaspora à travers le monde. Cachées parmi les Humains, elles entraînent et élèvent en leur sein celle qui les délivrera de l'exode et leur apportera la vengeance : la Princesse Diana. Pour l'heure, la jeune élue doit faire face à un mystérieux commando dont l'objectif est on ne peut plus clair : localiser et massacrer les dernières représentantes du peuple amazone. Une véritable odyssée débute alors pour Diana, une aventure épique durant laquelle la jeune héroïne recouvrera un à un les attributs qui feront d'elle la légendaire Wonder Woman.

Voici donc le deuxième album des éditions Urban Comics. Toujours du cartonné, on ne revient pas dessus.
Cet album présente la réinvention du personnage de Wonder Woman par Straczynski pour en faire un personnage plus moderne et plus ancré dans la "réalité".
On démarre donc avec une Wonder Woman qui ne s'appelle pas encore comme ça, qui n'est que la princesse Amazone Diana en exil dans le monde humain après la destruction de son île. Le personnage est beaucoup plus jeune que la Wonder Woman qu'on a l'habitude de voir, plus rebelle et plus téméraire aussi.
L'idée est originale et plutôt agréable à lire, le dessin est plutôt réussi et ne présente pas une Wonder Woman aux mensurations disproportionnées comme c'est trop souvent le cas, nulle trace non plus de décolleté vertigineux.
Les pages se tournent vite, on a réellement envie de savoir la suite, savoir ce qui va arriver ensuite à notre Amazone préférée. On arrive au bout avec l'envie de connaître la suite puisque contrairement à l'album de Superman, on a bien affaire ici à un seul arc narratif.
On trouve quelques petits bonus sympas à la fin, sous la forme d'une interview de Lynda Carter (l'interprète de Wonder Woman dans la série télé du même nom dans les années 70) qui explique sa vision du personnage. Également une courte interview de Jim Lee l'auteur du nouveau costume, et une interview de Straczynski qui explique pourquoi selon lui il fallait réinventer Wonder Woman.
Au final, on a donc un album fort sympathique, idéal pour tous ceux qui voudraient lire du Wonder Woman, mais qui ne connaissent rien au personnage. Intéressant aussi à lire même quand on connaît le personnage, même si c'est loin d'être la meilleure histoire écrite pour Wonder Woman.
Je me pose tout de même une question qui n'a rien d'essentielle et qui ne gène absolument pas la lecture, à savoir, pourquoi n'avoir pas gardé la méme division qu'aux US pour les deux albums ? Aux US, le dernier épisode de ce tome 1 est le premier du tome 2... Étrange... mais pas important du tout.

141e Folie : Superman : Super Fiction, tome 1

Superman : Super Fiction, tome 1
de
Joe Casey et Derec Aucoin

Alors que Clark Kent retrouve un de ses anciens professeurs de journalisme, il affronte sous son identité de Superman un étrange trio de personnages, issus du roman de son mentor. Les héros qu'imagine le vieux professeur prennent vie et conduisent l'Homme d'Acier au-delà de la frontière qui sépare réalité et fiction ! À lui de sauver Heroville, un refuge pour aventuriers costumés des années 1950, ou de combattre un double plus agressif et imprévisible !

Voici donc le premier album des aventures de Superman chez le nouvel éditeur Urban Comics. Bon, déjà première chose qui marque : le choix pas très compréhensible d'éditer la majeure partie de leurs albums en cartonné (un comic-book n'est pas une BD franco-belge, le cartonné est rarement judicieux). Ce n'est guère pratique à ranger, c'est plus lourd et forcément plus cher. Et en plus c'est plus salissant... La couverture est déjà pleine de traces de doigts...
Passons maintenant au contenu. Bon, je dois dire qu'avec ce résumé, j'ai longuement hésité avant de l'acheter... Mais je me suis dit que c'était du Superman, qu'on en voyait guère dans notre pays, et que donc j'allais faire un effort...
Au final, j'aurais probablement mieux fait de suivre ma première idée. Les épisodes ne sont guère palpitants, le dessin est sympathique sans être exceptionnel, et puis surtout ce ne sont quasiment que des stand-alones (comprenez des épisodes indépendants ne faisant pas partie d'un arc narratif). Alors certes, il y a un ou deux éléments présents dans plusieurs épisodes mais pas de quoi vraiment lier les épisodes.
Du coup, on se demande pourquoi donner un titre général à cet album et au suivant qui est censé être la suite... Et surtout comment il a été choisi, vu qu'il n'a de lien qu'avec deux épisodes...
En cherchant un peu sur les références VO des épisodes, on s'aperçoit qu'il s'agit de matériel vieux de quasiment 10 ans, et dont aucun épisode n'a été repris en TPB aux US, preuve qu'il ne s'agit vraiment pas d'épisodes inratables.
Certes, il s'agit d'épisodes tachant de mettre en avant le côté "humain" de Superman, son côté vulnérable et loin d'être tout-puissant, mais il me semble que tout ça est traité de manière trop légère et trop rapide... D'autres auteurs l'ont traité de manière bien plus intéressante.
C'est donc une grosse déception que ce premier album de Superman chez Urban Comics qui n'est guère indispensable. Il est donc inutile de préciser que je n'achèterais pas la "suite" puisqu'il n'y en a pas besoin, et que pour l'instant Urban part avec un handicap.

140e Folie : The Dresden Files, book 06 : Blood Rites


For Harry Dresden, Chicago's only professional wizard, there have been worse assignments than going undercover on the set of an adult film. Dodging flaming monkey-poo for instance. Or going toe-to-leaf with a walking plant monster. Still, there's something more troubling than usual about his newest case. The film's producer believes he's the target of a sinister entropy curse - but it's the women around him who are dying, in increasingly spectacular ways.

Harry's even more frustrated because he only got involved with this bizarre mystery as a favor to Thomas, his flirtatious, self-absorbed vampire acquaintance of dubious integrity. Thomas has a personal stake in the case Harry can't quite figure out, until his investigation leads him straight to Thomas's oversexed vampire family. Harry is about to discover that Thomas's family tree has been hiding a shocking secret: a revelation that will change Harry's life forever.


Voici donc le 6e tome des aventures de notre Détective Sorcier préféré, le seul et unique Harry Dresden. Comme à son habitude, celui-ci va se retrouver mêlé à des affaires qu'il n'aurait pas imaginées.
Se sentant redevable de l'aide que lui a apporté à plusieurs reprises Thomas le vampire de la Cour Blanche, lorsque celui-ci vient lui demander de se charger d'une affaire pour lui, il accepte (bien qu'avec réticence).
Et voilà notre bon vieux Harry si prude qui va se retrouver sur le tournage d'un film pour adultes. Et à partir de là, les ennuis vont commencer.
Ce sixième tome des aventures de Harry Dresden ne démérite pas par rapport aux cinq premiers, on retrouve ce mélange d'action endiablée avec des événements qui s'enchaînent à un rythme endiablé et qui laisse à peine le temps au magicien d'y réfléchir, et d'humour, parfois dans des situations qui ne s'y prêtent pas forcément. En fait, l'humour de Harry me fait penser à un personnage de série ou de cartoon qui se trouve dans une situation périlleuse et mortelle (pour tout autre) et qui se tournerait vers la caméra pour balancer un bon mot, et je dois dire que ça fonctionne plutôt bien. Même si on ne rit pas aux éclats avec l'humour du magicien, on sourit toutefois plusieurs fois.
Ce sixième tome est riche en révélations sur le passé de plusieurs personnages : Harry, Thomas, Murphy, Ebenezar (le mentor de Dresden), Kincaid (le mercenaire qui accompagnait la petite fille Archive dans le précédent tome)...
Des secrets qui pour certains risquent de changer beaucoup de choses dans la vie de notre magicien préféré.
Karrin Murphy l'inspecteur alliée à ses heures (et lorsqu'elle n'est pas trop butée) de Dresden, est très présente tout au long du livre, et semble changer un peu, être un tout petit peu moins butée. On fait aussi la connaissance de certains membres de sa famille et on comprend que ça ne doit pas être facile tous les jours pour elle d'en faire partie. Sa relation avec Dresden semble évoluer également, on les dirait plus complices, plus amis, tandis qu'avant c'était surtout des relations professionnelles. Son personnage qui était déjà intéressant, m'a semblé nettement plus sympathique dans ce tome et je crois que j'aimerais bien un plus grand "rapprochement" entre elle et Harry.
Ce tome est l'occasion pour Jim Butcher de nous montrer qui sont les vampires de la Cour Blanche, après nous avoir montré ceux de la Cour Noire et ceux de la Cour Rouge. Ce sont des vampires très intéressants, et qui sont très différents des deux autres types, beaucoup plus humains en quelque sorte...
L'histoire se termine "bien" pour Harry comme d'habitude, même si beaucoup de choses ont changées entre la première et la dernière page du livre. Et le tome suivant s'annonce particulièrement intéressant je pense.
En résumé, on n'est pas dépaysé par ce sixième tome, qui reprend une formule qui marche : action à 100 à l'heure, humour bidon, découverte d'un nouveau type de créature, gros affrontements, inquiétude pour Harry. Et pourtant, comme à chaque fois ça marche très bien, et on en redemande.
Livre lu en lecture commune avec : Heclea, Yumiko, Frankie

139e Folie : Le Trône de Fer, intégrale, tome 1


Après avoir tué le monarque dément Aerys II Targaryen, Robert Baratheon est devenu le nouveau souverain du royaume des Sept Couronnes. Tandis qu'en son domaine de Winterfell, son fidèle ami le Duc Edward Stark rend paisiblement la justice. Mais un jour, le roi Robert lui rend visite, porteur de sombres nouvelles : le trône est en péril. Stark, qui s'est toujours tenu éloigné des affaires du pouvoir, doit alors abandonner les terres du Nord pour rejoindre la cour et ses intrigues. L'heure est grave, d'autant qu'au-delà du mur qui protège le royaume depuis des siècles, d'étranges créatures rôdent...

Il y avait longtemps que j'entendais parler de ce livre, mais pour être franc il ne me faisait pas du tout envie. Je trouve que le résumé n'est pas du tout accrocheur, et les gens que j'avais entendu ou lus en parler ne m'avaient pas convaincu, et j'avais l'impression d'un livre long et ennuyeux où il ne se passerait rien.
Et puis au début de l'année, j'ai vu que ça allait être adapté en série. Je me suis dit que j'allais jeter un œil par curiosité. Et là ça a été le coup de foudre, cette série est tout simplement fantastique.

Du coup lorsque je l'ai terminée, je me suis empressé d'acheter les livres. Et je me suis décidé il y a quelques jours à enfin lire ce premier tome. Et bien déjà on peut dire une chose, c'est que la série a été extrêmement fidèle au livre.

Cette lecture a balayé les idées que je pouvais avoir sur ce livre. En réalité, on ne s'ennuie jamais, c'est très bien écrit, les personnages sont tous attachants (sauf Sansa qui est absolument insupportable et que j'avais continuellement envie de secouer et de baffer).

Certains ont bien évidemment eu plus ma préférence que d'autres :
Eddard "Ned" Stark : le héros" si tant est que l'on puisse le qualifier ainsi, est un homme attachant, droit, juste et aimant envers les siens. C'est un guerrier accompli et un seigneur que ses gens aiment. Malheureusement peut-être un peu naïf en pensant que tout le monde est aussi droit que lui.
John Snow : son fils bâtard qu'il a élevé presque comme s'il était un fils légitime. Il ressemble beaucoup à son père, tant physiquement que moralement. Un personnage qui évolue beaucoup durant le livre et qui montre qu'il peut lui aussi être bon.
Arya Stark : La deuxième fille de Ned. Une jeune fille très différente de sa soeur et qui n'a pas grand-chose à faire des convenances et des manières. Elle a déjà un caractère très affirmé pour son âge.
Tyrion Lannister : Le dernier fils de la famille Lannister, atteint de nanisme il compense son handicap par une intelligence et une vivacité d'esprit impressionnantes, il fait également preuve d'un humour noir envers lui-même.

Il y a encore d'autres personnages, mais j'ai parlé de mes préférés. La narration se fait d'ailleurs en suivant tour à tour différents personnages : les membres de la famille Stark (excepté le plus jeune fils qui a seulement 3 ans), Tyrion Lannister et Daenerys Targaryen la soeur de l'héritier de l'ancien roi. Chaque personnage est annoncé par son prénom en début de "chapitre". Je n'ai pas trouvé ça difficile à suivre, même si ça peut en dérouter certains.

L'aspect Fantasy du roman n'est pas le plus important, il est très peu présent, même s'il est bien là. On est surtout dans un roman qui parle de politique médiévale en fait. D'alliances et de trahisons, de "jeu" d'intrigues et de secrets. Un aspect primordial de l'univers du roman, et que l'on comprend assez vite, est le fait que l'été comme l'hiver peuvent durer plusieurs années, et le roman commence alors qu'un long été semble sur le point de se terminer bien que personne ne puisse dire quand exactement.

Par contre, je trouve que la traduction est loin d'être excellente. Certes on comprend l'histoire du début à la fin, on ne rate rien, mais il y a quand même des choses qui m'ont gêné. Le style se veut clairement médiéval, sauf qu'apparemment George R. R. Martin n'a pas écrit son livre de cette manière. Le souci est que certaines phrases deviennent quasi-incompréhensibles. Il m'a fallu relire certaines trois ou quatre fois, avant de supposer avoir deviné le sens.

Et puis il y a cette traduction de "Direwolf" en "Loup-garou" qui est un contre-sens, puisque un loup-garou suppose un humain se transformant en loup, ce qui n'est pas du tout le cas, il s'agit plutôt d'une sorte de loup géant, et littéralement il semble qu'on puisse traduite par "loup sinistre", il aurait donc été plus judicieux de chercher quelque chose plus proche de "sinistre".

Mis à part cette histoire de traduction qui ne réussit heureusement pas à gâcher le plaisir (même si à force on en a marre de devoir relire certaines phrases) le livre est excellent et se dévore littéralement. Il est très épais, mais se lit assez vite, car on est toujours impatient de savoir ce qui a pu arriver à nos personnages préférés.

138e Folie : Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables


Un grand appartement oublié de l'île Saint-Louis dont les portes et les pièces disparaissaient les unes après les autres...
Un bureau secret du ministère de l'Intérieur chargé d'explorer la banlieue parisienne pour y trouver les preuves de l'existence de Dieu...
Une entreprise géante qui fait surveiller ses employés par des espions semi-invisibles...
Une ville construite à partir d'oeuvres d'art franco-allemandes et menacée par l'intrusion d'un monstre appelé « le Charbonnier »...


Ce livre a été lu dans le cadre d'un partenariat entre :

ET

Voilà un livre que j'avais repéré à sa sortie il y a quelques semaines, en partie à cause de l'auteur que je connaissais de nom pour avoir participé à la série de BD "La Brigade Chimérique" (à lire si ce n'est pas déjà fait) et que j'hésitais à acheter n'étant généralement pas trop amateur de Fantastiques et de nouvelles. Et puis il y a quelques temps Folio l'a proposé en partenariat à Livraddict, j'ai tenté ma chance, et je l'ai eu.

Par contre, un avertissement avant de l'attaquer, ne lisez pas la préface tout de suite. Pour moi cela aurait dû se trouver en postface, en effet il y a de nombreuses révélations sur les nouvelles que l'on est censé ne pas avoir encore lu. Heureusement je m'en suis vite rendu compte et j'ai arrêté pour y revenir à la fin.

Sinon le livre se compose de six nouvelles différentes.
La première qui donne son nom au recueil "Le Haut-Lieu", est la plus longue et celle que j'ai trouvé la plus intéressante. Elle fait une bonne centaine de pages, ce qui permet de bien développer l'histoire, et de faire monter une espèce d'angoisse au fur et à mesure. L'idée est bien trouvée et originale, même si j'ai trouvé le dernier "chapitre" de cette histoire presque en trop.

La deuxième histoire, "Le gouffre aux chimères", entre Fantastique et science-fiction m'a laissé quelque peu perplexe, je n'ai pas trop compris où voulait en venir l'auteur, ce qu'il essayait de raconte. Il y avait une idée intéressante, mais j'ai eu l'impression de ne pas en savoir assez, de savoir le pourquoi, le comment et dans quel but... Je suis un peu resté sur ma faim.

La troisième histoire, "La chasse aux ombres molles" est la plus courte de ce recueil, à peine six pages. Je ne la qualifierais pas vraiment de Fantastique, pour moi elle a plus un côté Policier. Elle est tellement courte et différente des autres que je n'ai pas vraiment d'avis dessus, peut-être là aussi aurait-elle mérité d'être développée.

La quatrième histoire, "Superscience" s'apparenterait plus à de la science-fiction. En tout cas c'est une histoire très intéressante avec une idée très originale et très bien exploitée, ni trop courte ni trop longue. C'est la deuxième meilleure histoire du recueil pour moi.

La cinquième histoire, "Origami", est difficile à classer, peut-être en science-fiction là aussi. L'idée est très bien trouvée (même si très farfelue même pour de l'imaginaire), et l'exécution est excellente car on ne comprend réellement le sens de tout ce qu'on a lu qu'au tout dernier moment. On a bien là l'effet abrupt de la nouvelle. Une très bonne histoire, grâce à sa fin qui rattrape l'espèce de non-compréhension que l'auteur a laissé volontairement pendant toute la nouvelle.

Enfin la dernière histoire "LA régulation de Richard Mars" est une nouvelle assez longue là encore, ce qui permet à Serge Lehman de bien développer son thème. C'est une histoire qui paradoxalement pour une nouvelle, prend son temps, explique pas mal de choses. Le thème est presque philosophique.

Au final, voilà un recueil avec des histoires de niveaux d'intérêts forts différents selon moi. Malgré quelques textes qui m'ont moins intéressés que d'autres, c'est un livre fort plaisant à lire, et qui de plus se lit très rapidement, puisque je l'ai lu en à peine une journée. Merci encore à Folio de m'avoir permis de découvrir ce livre fort sympathique.