134e Folie : Le Cycle de Fondation, tome 1 : Fondation


En ce début de treizième millénaire, l'Empire n'a jamais été aussi puissant, aussi étendu à travers toute la galaxie. C'est dans sa capitale, Trantor, que l'éminent savant Hari Seldon invente la psychohistoire, une science nouvelle permettant de prédire l'avenir. Grâce à elle, Seldon prévoit l'effondrement de l'Empire d'ici trois siècles, suivi d'une ère de ténèbres de trente mille ans. Réduire cette période à mille ans est peut-être possible, à condition de mener à terme son projet : la Fondation, chargée de rassembler toutes les connaissances humaines. Une entreprise visionnaire qui rencontre de nombreux et puissants détracteurs...

Comment parler de Fondation ? Ce n'est pas évident... Alors déjà contrairement à ce qu'on peut lire parfois, Fondation est bien un roman. Certes sa construction est particulière puisqu'il a été composé à partir de nouvelles. Mais tout cela a été arrangé de former un tout sous forme du roman Fondation.
Fondation, c'est l'idée qu'on puisse prédire le futur global, le futur de milliards de milliards d'individus, mais qu'il soit impossible de le prédire à l'échelle individuelle. Et encore faut-il que les milliards de milliards d'individus ne soient pas au courant de ce que l'on a prédit, sinon cela pourrait changer les choses.
Il ne faut pas non plus lire ce livre en s'attendant à trouver des récits de conquêtes, de batailles ou de technologies ultra-perfectionnées. Non, ici Asimov nous présente un livre qui n'est pratiquement composé que de dialogues, on trouve peu de descriptions et encore moins de scènes d'action. Le ton est forcément très politique, puisque l'idée directrice est que la Fondation, qui est en fait le personnage principal de l'histoire bien plus que les différents protagonistes, a pour but de diminuer le chaos qui suivra la chute de l'Empire, et ça sans même savoir comment.
On assiste donc à l'évolution de la Fondation, époque après époque, crise après crise. On rage contre les imbéciles qui ne comprennent pas comment doivent se passer les choses pour que l'avenir prévu par Seldon puisse arriver. Pourtant, il est difficile de s'attacher ou de détester réellement les personnages, étant donné le court temps que l'on passe avec chacun d'eux. En fait, le roman est construit réellement comme la psychohistoire de Seldon, à savoir que l'individu importe peu ou pas du tout, que seule l'ensemble global est important, seule la Fondation importe, les personnages ne sont là que pour la servir et la faire avancer dans la bonne direction.
Cette construction fait qu'on a un léger pincement au cœur lorsque l'on quitte les personnages à la fin de chaque "partie", mais qu'on a en même temps hâte de savoir comment la Fondation aura évolué dans la prochaine "partie" et quelles surprises elle nous réserve. C'est ainsi qu'au final, on arrive à la fin du livre et qu'on se dit qu'on a envie de savoir les futures évolutions de la Fondation, et de savoir si finalement le plan de Seldon fonctionnera ou non.
Pour ma part vous l'aurez compris, j'ai adoré relire ce livre, car je le connaissais déjà et je l'avais déjà adoré la première fois et je vais m'empresser de lire les suites.
Il existe des "préquelles" à Fondation, mais elles ont (comme beaucoup de préquelles) été écrites ultérieurement, et je conseille plutôt de commencer directement par Fondation.

5/18

133e Folie : De l'égarement à travers les livres


"Qui lit trop devient fou." Tel est sans doute l'étrange enseignement de ce livre inclassable, à la fois roman et jeu de piste.
Atteint d'un étrange syndrome au nom barbare qui signifie "De l'égarement à travers les livres", le narrateur est contacté par une société secrète, Le Cénacle troglodyte, afin de devenir "détective littéraire". Derrière l'histoire de la littérature, il existe une autre histoire que l'on ignore. Aussi, le narrateur va-t-il devoir faire la lumière sur diverses affaires à la fois mystérieuses et secrètes.
Où se trouve le corps de Voltaire ? Pourquoi Lewis Carroll a-t-il inventé le personnage d'Alice au pays des merveilles ? Qui est cet écrivain fantastique qui a perdu son ombre ? Pourquoi, derrière Lovecraft, existe-t-il un autre personnage qui ne manque pas non plus d'imagination ?
Entre fiction et fantastique, c'est une littérature des coulisses qui est peu à peu dévoilée. Mais attention ! derrière les apparences, il se cache sans doute une autre vérité...


Voilà un livre qui porte bien son nom ! Nul doute qu'après la lecture de ce livre vous en ressortirez égaré, ne sachant pas bien ce que vous avez lu : roman, essai, ensemble de biographies, biographie de l'auteur..., ni même à quel genre il pourrait bien appartenir : fantastique, occultisme, ésotérisme...
Je me garderais bien pour ma part de choisir où le classer car je pense justement que l'auteur a voulu passer par-dessus ces étiquettes que l'on affecte tous aux livres.
En tout cas, c'est un livre qui ne m'a pas laissé indifférent, je dois dire que j'ai plutôt apprécié, même si en le refermant je n'ai pas l'impression d'être plus avancé sur ce qu'à voulu faire passer l'auteur. Si on le prend au sens premier, il semble que toute une partie de la vie et du sens de l’œuvre de nombre d'auteurs restent cachés, jamais abordés.
Il semble en tout cas que tous les personnages "célèbres" abordés dans ce livre aient réellement existé, tout semble donc dire que le contenu de ce livre est vrai, excepté la fameuse maladie, la "bibliopathonomadie" dont les symptômes tels qu'ils sont décrits pourtant pourraient facilement décrire ce que nombre de gens vivent tous les jours.
C'est en tout cas un livre qui se lit facilement et rapidement, et qui s'il peut laisser perplexe donnera certainement envie d'en savoir un peu plus sur les différentes œuvres et les différents personnages intrigants disséminés tout au long de l'ouvrage. Il y a d'ailleurs une abondante bibliographie dans les pages finales qui permettra à chacun d'approfondir les sujets abordés.
Au final, un livre intrigant, qui ne manquera pas de laisser perplexe, à la frontière de l'imaginaire et du réel. Un livre pour les curieux.

132e Folie : La Mort n'est pas un jeu d'enfant


Flavia de Luce, détective en herbe impertinente, malicieuse et intrépide, se lance dans une nouvelle enquête ! Rupert Porson, un marionnettiste de passage à Bishop's Lacey, est assassiné en pleine représentation. Qui a pu commettre un tel acte - et pourquoi ? Flavia est suffisamment intriguée pour tenter d'éclaircir le mystère, mais elle devra prendre garde à ne pas s'approcher trop près de celui qui tire secrètement les ficelles de cette danse macabre...

Voici donc le 2e tome des aventures de la jeune Flavia de Luce, l'enquêtrice experte en chimie. Et je dois dire que c'est avec un très grand plaisir que j'ai retrouvé cette petite fille qui a parfois des réflexions de grandes personnes.
Elle n'a guère changé depuis le précédent livre, ses soeurs continuent toujours à lui raconter les pires horreurs qu'on devine bien évidemment être toujours fausses, ce qui n'empêche pas Flavia d'avoir des doutes et de toujours chercher à les empoisonner.
J'ai eu l'impression aussi qu'on insistait plus sur la relation privilégiée entre Flavia et Dogger. En effet, même si ce dernier est "l'homme de Père", on sent bien que Flavia et lui partagent des choses qu'il ne partage avec personne d'autre qu'elle. Il est plus un ami, un mentor dans certaines occasions qu'un domestique.
Flavia va une nouvelle fois se retrouver mélée, malgré elle, volontairement à un meurtre. Meurtre qui aura lieu devant elle. Flavia va nous épater encore une fois par l'étendue de ses connaissances dans le domaine de la chimie et par son esprit logique. Elle fait aussi preuve d'une grande ingéniosité, par exemple pour accéder à des lieux qui lui sont interdits ou obtenir des réponses de personnes sans avoir l'air de mener un interrogatoire. Son jeune âge et son apparente naïveté lui permettent en fait de passer inaperçus ou de faire en sorte que les gens ne se méfient pas face à cette petite fille.
Flavia va retrouver l'inspecteur Hewitt du précédent livre. S'il avait pu se montrer quelque peu condescendant à son égard par moments, ce n'est plus le cas dans ce livre. Il semble avoir compris que l'aide de Flavia pourrait lui être précieuse, même s'il ne peut bien évidemment l'associer à l'enquête.
Au final, c'est bien évidemment Flavia qui résout cette histoire de meurtre et de théâtre de marionnettes. Je dois dire que jusqu'à ce que Flavia commence à comprendre, je n'avais pas deviné qui était l'assassin et j'étais parti dans toutes les directions.
Au final, on a encore une fois, un livre policier fort sympathique que l'on pourrait croire destiné aux plus jeunes mais qui saura pourtant séduire les plus grands.

131e Folie : La Cabane de l'aiguilleur


A la mort de sa mère, Travis Fisher est recueilli par sa tante, Liza Burack, à Haute Montagne. Malgré la Grande Dépression, la vie y est simple, rythmée par le travail à la fabrique de glace, les sermons à l’église baptiste et les sorties avec Nancy Wilcox. Travis en viendrait presque à oublier son statut d’inadapté. Mais il y a la mystérieuse Anna Blaise, elle aussi hébergée par les Burack. Qui est-elle vraiment ? Quel secret cache-t-elle dans sa chambre systématiquement close ?

Un livre très étrange, où l'on a peu souvent l'impression d'être dans un roman de science-fiction. Pourtant elle est bien là, et relativement claire et explicite, mais elle s'affiche par petites doses très mesurées.
L'histoire s'intéresse encore une fois (ou "déjà" si l'on considère qu'il s'agit de son premier roman publié aux États-Unis) plus aux relations entre les personnages. Il rend particulièrement l'ambiance telle qu'on se l'imagine d'une petite ville de l'Amérique profonde des années 30... On a donc une atmosphère très lourde et presque malsaine.
Trav comme il préfère qu'on l'appelle vient tout juste de débarquer dans cette ville où il ne connaît personne, pas même sa tante Liza. Très vite il comprend que tout n'est qu'apparence dans cette ville, et qu'il faut surtout être comme tout le monde.
Lui qui vient d'ailleurs ne peut pas être comme tout le monde, et c'est pour ça qu'il va rapidement chercher la compagnie de ceux qui sont différentes, Nancy Wilcox et Anna Blaise.
Parallèlement à l'histoire de Travis on suit "L'Os", un étrange vagabond qui voyage clandestinement de train de marchandises en train de marchandises comme on peut voir dans les films et dont on se doute qu'il va avoir un lien avec les autres personnages à un moment donné.
En fait, on a l'impression pendant la majeure partie du roman d'être dans une simple histoire de littérature générale,qui en temps normal n'aurait rien de spécialement attirant. Pourtant il y a un quelque chose subtil qui fait qu'on continue, qu'on accroche à l'histoire. Ainsi, au bout du compte, même si on est pas forcément surpris par ce qui se passe, on ne regrette pas d'être allé jusqu'au bout, et d'avoir si intensément partagé les émotions des héros.
Au final, ce n'est certainement pas le meilleur roman de l'auteur, mais il reste intéressant et plaisant à lire, et permet de voir l'évolution de son style.

130e Folie : Fragment

Fragment
de
Warren Fahy

Imaginez : il y a 500 millions d'années, un fragment du continent originel part à la dérive au coeur du Pacifique. Là, une faune et une flore frénétiquement vivantes vont se développer en suivant des règles d'évolution qui défient toutes les théories scientifiques. Et lorsque, de nos jours, un navire aborde pour la première fois cette île étrange - peuplée de formes de vie aussi dangereuses que stupéfiantes, le choc du face-à-face va nous conduire dans un monde que nul n'aurait pu concevoir.

Le résumé est celui de l'édition grand format, parce que celle de l'édition J'ai Lu comporte une erreur et en plus a tendance à spoiler un peu.
Ce livre est un coup de coeur. On a là de la bonne SF efficace, même de la Hard-SF au vu du nombre d'explications scientifiques parsemées dans le livre. Mais pourtant, elles sont toujours expliquées de façon très simple, bien plus simple que dans la plupart des livres de Hard-SF où il faut déjà avoir une idée de quoi on parle. Du coup j'ai presque envie d'appeler ça de la "Soft-Hard-SF" (oui je sais c'est nul comme nom).
L'histoire, comme le dit le résumé, est la découverte d'une île où personne n'a posé les pieds depuis qu'elle s'est séparées des autres terres il y a des millions d'années. Et voilà qu'un beau jour cette île est découverte. Bien évidemment, on va envoyer du monde pour l'explorer, mais c'est sans compter sur le fait que la vie a connu une évolution tout à fait inédite sur ce petit morceau de rocher, et les ennuis vont commencer.
Le style de l'auteur est vraiment très bon, ses descriptions de la faune et de la flore sont tout à fait convaincantes et précises, très visuelles, je dois dire que je n'avais aucun mal à imaginer tout ce dont il parlait.
L'auteur amène très bien son histoire, parce que je ne voyais pas où il voulait en arriver, et je dois dire que vers la fin j'ai été vraiment surpris par certaines choses, parfois en bien, parfois en moins bien... Certaines décisions dans l'histoire ne me paraissent pas logiques et m'ont un peu énervé. Mais rien de suffisamment important pour gâcher l'histoire.
Au final on a là un très bon livre de SF que je recommande à tous, même ceux qui pourraient avoir peur de lire des théories scientifiques, tant encore une fois celles-ci sont parfaitement bien expliquées pour être accessibles au plus grand nombre. Tout est réuni pour faire un très grand livre, une bonne idée de base, une bonne écriture, du suspens, des personnages attachants, de l'humour et une bonne conclusion.
Les droits du livre ont été achetés pour une adaptation cinématographique qui serait déjà en préparation, et l'auteur va sortir une suite. (Note : Il est d'ailleurs étrange je trouve de constater qu'aux États-Unis, ce livre est considéré comme un Thriller.)